Publié par MariKo

« Voici venu le temps des rires et des chants
Dans l'île aux enfants
C'est tous les jours le printemps
C'est le pays joyeux des enfants heureux
Des monstres gentils
Oui c'est un paradis. »

Voilà, en quelques mots ce qu’aurait pu dire Jo Wilfried Tsonga après le magnifique tournoi qu’il a réalisé en Australie, son « île aux enfants », son « paradis ». « Les rires et les chants » sont désormais pour le nouveau prodige du tennis français, qui est également notre nouvel homme de cœur. 

Pour celles et ceux qui reviendraient d’un voyage sur la Lune, quelques petites explications s’imposent. Nous sommes en 2008 et tout va bien, merci. Des otages ont été libérés des mains de vilains geôliers, la mode est aux low boots (terme savant désignant des bottines, tout bêtement), Lara Fabian a eu un bébé, mais les bourses sont vides (notamment à la Société Générale, mais dans la société en général, aussi)… Après avoir connu une période d’insouciance et de forte popularité, notre cher président, Nicolas Sarkozy, court toujours partout, mais a trouvé le temps de conquérir une nouvelle dame de cœur en la personne de Carla Bruni, mannequin-auteur-compositeur-interprète-mangeuse d’hommes, ce qui ne l’empêche pourtant pas de dégringoler dans les sondages. Mais, comme vous l’aurez compris, la politique n’est pas notre terrain de prédilection, revenons donc à notre Jojo national (et nous ne parlons toujours pas de Johnny). 
Notre tornade tricolore a mis le feu aux courts de tennis de Melbourne, mais aussi au classement ATP. Car, JWT sur le circuit ATP, c’est l’équivalent d’un PPDA au JT de TF1, d’un Brahim Asloum en WBA ou encore d’un TP en NBA. C’est du lourd. 90 kg de muscles et de puissance. Pour sa 2ème participation à l’Open d’Australie, JWT, 38ème mondial, s’est offert le luxe d’atteindre la finale, en laissant les plus grands sur le carreau. Figurent à son tableau de chasse : Murray, Richard Gasquet, Mikhail Youzhny ou encore Rafael Nadal, numéro 2 mondial, qu’il a battu sèchement en ½ finale : 6/2 – 6/3 – 6/2. Rien à rajouter. Si ce n'est: à l'année prochaine pour une revanche sur Djokovic (3ème mondial) qui lui a résisté en finale (4/6 - 6/4 - 6/3 - 7/6), après 3h06 d'un match physique et pour le moins stressant.
Avec son physique digne des plus beaux mâles de la planète, notre « petit » Jo est un jeune homme (22 ans) exceptionnel. Par son jeu, mais aussi par sa détermination. « Il voulait s'entraîner tout le temps, raconte Franck Lefay, son entraîneur entre 8 et 13 ans. J'étais obligé de lui mentir, de lui dire que je n'étais pas là. » (AFP) Pour en arriver là, à ce niveau de performance, il en a bavé, enchaînant blessures sur blessures (hernie discale, abdominaux et épaule droite fragiles) et rééducation. « Ça faisait mal de voir les copains s'éclater et progresser au classement » (1), se souvient-il. Mais à force de persévérance, il a su percer. « Tout va très vite maintenant, admet-il. Mais ne vaut-il pas mieux que ça arrive vite plutôt que lentement ou, pire, que ça n'arrive jamais ? » Sa personnalité attachante digne du Manceau qu’il est profondément, ses valeurs simples et son sens du show ont fait de lui le petit chouchou des Australiennes (et des Australiens). Celui que l’on compare à Yannick Noah ou à Mohammed Ali n’a pas fini de faire parler de lui. Vas-y Jo ! Vas-y, fonce !
(1) Le Monde - Article paru dans l'édition du 22 janvier 2008

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