Publié par MariKo

«Welcome to Lyon-Dubaï City. Le commandant de bord et tout l’équipage vous remercie d’avoir choisi Emirates Airlines et vous souhaite un bon séjour ». Voilà ce que l’on pourra bientôt entendre dans les avions qui nous amèneront aux Emirats Arabes Unis.

 

Vous ne rêvez pas. Après The Palm, City of Arabia ou Dubailand, la ville de Lyon et des représentants de Dubaï se sont accordés récemment pour construire une reproduction de Lyon à Dubaï. Objectif avoué pour 2012 : devenir la première destination touristique mondiale. Le projet couvrira 400 hectares et reproduira l’esprit du modèle urbain lyonnais. « Le projet permettra de reproduire en plein désert le meilleur du style et de la qualité de vie lyonnais », explique Gérard Collomb, maire de Lyon. On y retrouvera l’atmosphère, l’art de vivre de Lyon, des places, des espaces publics, des rues piétonnes, des immeubles bas, des cafés, qui n'existent pas aujourd'hui dans cette ville verticale. Mais le partenariat ne s’arrête pas là. Il inclut également un échange sportif et culturel. Outre les logements, bureaux et hôtels, on devrait y trouver une école hôtelière de l'institut du chef lyonnais Paul Bocuse, une université francophone délivrant des masters de mode, droit international ou sciences économiques, des branches du musée des Tissus ou du musée des Beaux-Arts de Lyon, une cinémathèque animée par l'Institut Lumière et un centre de formation animé par le club de football de l'Olympique lyonnais.

 
Pour poursuivre la folie de ce projet, nous pouvons nous demander quelle sera la composition d’une potentielle équipe de Lyon-Dubaï City. En effet, Dubaï n’est pas connue pour ses performances sportives. Alors qui seront les Benzema, Perrin locaux ? Qui aura le talent d’un Grégory Coupet ? Comment s’appellera leur Stade Gerland ? Les spéculations vont bon train : Dubaï Stadium, Arabian Stadium of Lyon-Dubaï City (un peu long, certes),… A l’heure où l’on parle de l’ouverture du marché des stades aux entreprises privées (on verra bientôt un MMArena au Mans), peut-on imaginer un Arabian Petrol Stadium ? Une bonne équipe, un beau stade, il ne manque qu’un bon président. Qui saura tenir les rênes, tel un Jean-Michel Aulas, élu récemment meilleur président d’un club de L1 par le journal L’Equipe (1)? Le JMA français est un type plutôt entreprenant. Il est patron et fondateur d’une entreprise spécialisée dans l'édition de progiciels de gestion intégrés, qui fonctionne bien (224 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2005). Il dirige tout cela d’une main de maître, sans pour autant mener une vie « bling-bling », même si, à l’heure où les clubs français jouent enfin dans la cour des grands, on le taxe souvent de champion du foot business. L’heure des business plans et autres stratégies de développement a donc sonné. Mais à Dubaï, ça ne les effraie pas. Ils ne manquent pas de grandes fortunes. Quel Prince, roi ou milliardaire du pays se sentira pousser les ailes en donnant un peu de lui-même et de son compte bancaire ? Le JMA arabe aura certainement une dimension un peu différente de son homologue français. Question de culture ? Au pays où le pétrole est roi, l’argent n’a pas la même odeur… Quand un pays investit l’équivalent de 500 millions d’euros dans la reproduction d’une ville, on peut se douter que les ambitions sont grandes. Mais cela leur donnera-t-il la french touch et le talent footballistique lyonnais ? Pas si sûr…
(1) L’Equipe du vendredi 18 janvier 2008
Sources : Le Monde - www.tdg.ch

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