Publié par MariKo

Même si le football n’est pas a priori notre sport de prédilection et encore moins notre source d’inspiration principale, force est de constater que nous en parlons beaucoup. Et pour cause… Véritable représentation de notre société, le football en est le reflet, avec ses bons côtés (joie, liesse, engouement et encouragement), mais aussi avec ses dérives (contestations, violence, conflit). Observons donc notre société pour décrypter les comportements parfois limites des « supporters » de football (l’utilisation des guillemets nous permet ici de montrer notre peu de considération pour ces personnes qui ne sont en rien des supporters…) :

Quand tout va bien, dans la société ou sur les terrains, que tout le monde a ce qu’il veut, que la justice est respectée, que les fautes sont condamnées, … , les protestations sont rares. Car le Français et le supporter aiment quand leur équipe et leur pays vont bien. Imaginez-vous donc le moral des Lyonnais à l’heure actuelle et depuis quelques saisons… Mais aujourd’hui, la France ne va pas très bien. On nous l’a suffisamment répété pour en être conscient : le moral des Français est au plus bas. Ce leitmotiv n’est en rien encourageant et finit par nous faire croire que rien ne va. C’est pareil en sport. Le moral des supporters (qui sont en fait les mêmes personnes à qui l’on martèle qu’ils ne doivent pas avoir le moral) est à la baisse. Dans ce contexte, les esprits jadis teintés de jovialité (terminées les scènes de liesse générale sur les Champs Elysées en 1998) s’échauffent beaucoup plus vite et la patience, cette grande vertu, laisse peu à peu place à l’énervement facile. D’où certaines tensions dans les tribunes, mais aussi sur les terrains. Vous pouvez à juste titre vous insurger contre cette démonstration subjective et nous dire que cela a toujours existé et existera toujours dans les stades (mais aussi dans la rue). Avouons que nous sommes d’accord avec vous, mais cette démonstration nous permet surtout d’en venir à un fait : la radicalisation de certains comportements. Car ce que nous souhaitions démont(r)er ici, c’est surtout un type de comportement haineux qui fait tache dans le monde du sport. Nous pensons bien évidemment à cette fichue banderole qui a poussé des tribunes parisiennes lors de la rencontre PSG – Lens du 28 mars dernier (1). Est-ce par bêtise ou par provocation que des banderoles injurieuses et totalement déplacées sont dévoilées lors de rencontres sportives ? Pourquoi l’esprit bon enfant s’efface pour laisser place à la cruauté et à la méchanceté gratuite ?


Si le football est assujetti aux débordements et autres réactions parfois agressives, les arbitres ont souvent été la cible des critiques des supporters. C’est pourquoi nous tenons à leur rendre hommage et leur communiquer notre plus vif soutien. Certes, parfois leurs jugements sont contestables (combien de hors-jeux imaginaires ont été sifflés ? Qui n’a pas critiqué une décision arbitrale ?). Mais avec notre objectivité légendaire, nous voulons les soutenir. Même s’il semble assez simple et accessible à la majorité des amateurs de football de devenir arbitre (2), être un bon arbitre n’est pas donné à tous. Clairvoyance, objectivité et intelligence notamment permettent à certains d’atteindre le haut niveau. Etre arbitre, c’est un sport. Devenir le prochain Pierluigi Collina est un travail de longue haleine. Il y a peu de grands arbitres. Parmi eux, il y en a un qui va nous manquer tout particulièrement : Markus Merk. Si ce nom ne vous dit rien (et que vous ne connaissez que Carrie Bradshaw et ses Manolo Blanik), petite session de rattrapage : cet homme, allemand de nationalité, au parcours prestigieux a été, selon la FIFA, meilleur arbitre en 2004, 2005 et 2007. On ne peut que s’incliner… A 46 ans, et après avoir arbitré 333 matchs de la Bundesliga (championnat allemand) et 50 rencontres internationales, il tirera sa révérence à la fin de la saison. En 1988, à l'âge de 25 ans, il devient le plus jeune arbitre à prendre en charge un match de Bundesliga. Il devient arbitre FIFA quatre ans plus tard. Il a officié lors des Coupes du Monde de la FIFA 2002 et 2006, ainsi qu'aux Championnats d'Europe de l'UEFA 2000 et 2004.Touché par la limite d’âge, il n’arbitrait déjà plus de rencontres internationales, mais il continue à officier dans le championnat allemand. « C’est le moment idéal pour terminer sur une bonne note » (3). Cet ancien dentiste, qui a vendu son cabinet en 2005 pour se concentrer sur son travail, est revenu sur sa carrière au plus haut niveau : « On est constamment sous pression, mais j'ai connu de nombreux moments de grande joie. Ces moments sont la récompense de dizaines d'années de dur travail. » (4)

Alors, soyons positifs. Si des hommes comme lui existent (il a été décoré de la Bundesverdienstkreuz, l’équivalent allemand de notre ordre du mérite, pour ses actions caritatives en Inde et son implication dans le monde footballistique), il y a de l’espoir. Un jour peut-être les Etats-Unis auront un bon président. Un jour peut-être le pouvoir d’achat reprendra en France. Un jour peut-être l’amour sera éternel…

(1) Vidéo très drôle à voir de toute urgence
(2) Si vous souhaitez devenir un BON arbitre, c'est ici
(3) Extrait France Football n° 3235 bis
(4) Extrait interview uefa.com

 

 

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