Publié par MariKo

Qui est la blonde la plus célèbre du moment ? Pas de Paris Hilton, ni de Britney Spears à l’horizon. Même si Barbie fête ses 50 ans le lundi 9 mars, ce n’est pas d’elle dont il s’agit… Non, cette blonde, bien plantée et aux pectoraux ultra développés, n’est autre qu’un homme et pas n’importe quel homme : un catcheur, un « Wrestler ». On est bien loin de l’image glamour des blondes que nous avons l’habitude de voir dans les magazines ! Malgré sa longue crinière blonde (aux pointes un peu sèches tout de même), Mickey Rourke ne peut en effet pas rivaliser avec Claudia Schiffer et autres consœurs ! Niveau « sexytude » (comme se plairait à le dire Ségolène), il est un peu largué, mais question pectoraux et musculature, il est le grand gagnant… Pour son retour au cinéma après une (longue !) traversée du désert (pire que le Paris-Dakar, c’est dire !), il revient sous les traits de Randy Robinson, dit « The Ram » (le Bélier), catcheur blond peroxydé, star dans les années 80, qui entretient désormais ses racines chez une coiffeuse asiatique, va faire des UV en gardant ses chaussettes et combat dans des salles de gym ou des maisons de quartier ! Bref, un sacré personnage… Et quel personnage ! Attachant, émouvant, touchant…  Du grand Mickey !




Tel un uppercut en pleine poitrine, ce film est une plongée dans le monde du catch comme on ne l’a jamais vu. Il faut bien le reconnaître, le catch, ce n’était pas trop notre tasse de thé (l’est-ce vraiment devenu ?). Des hommes en collants fluo qui font semblant de se faire mal, cela ne nous a jamais trop tenté… Alors comment ce « Wrestler » a-t-il réussi à nous séduire ?

Mickey Rourke est surprenant. Préféré à Nicolas Cage ou Sylvester Stallone, il EST « the Wrestler » plus qu’il ne l’interprète. Et ce n’est pas pour rien qu’il a reçu le Golden Globe du meilleur acteur pour sa performance. Est-ce grâce à son passé de boxeur qu’il est si crédible ? Pas si sûr…


« Au début, c'était très dur parce que je viens de la boxe et qu'il a donc fallu que j'aille à l'encontre de toutes les règles que j'avais apprises. En boxe, il faut être aussi rapide que possible et affronter son adversaire sans qu'il ne devine vos coups. En revanche, dans le catch, tous les gestes sont chorégraphiés et réglés, comme dans un ballet (...) je ne pensais pas qu'on pouvait autant souffrir. J'ai reçu plus de coups en trois mois d'entraînement qu'en seize ans de boxe. J'ai même dû passer trois IRM en l'espace de deux mois (...) j'avoue que je n'avais pas beaucoup de respect pour ce sport, d'autant que je viens de la boxe et que les boxeurs ont tendance à mépriser les catcheurs. Une fois que j'ai surmonté mes préjugés, j'ai compris qu'il s'agissait d'un sport très physique où on peut se faire mal. » avoue-t-il.  C’est donc en suivant un entrainement intensif qu’il a pu se glisser dans la peau du Bélier.


« Darren (le réalisateur, NDLR) a fait installer un ring dans son bureau où je me suis entraîné deux heures par jour », confie l'acteur, qui ajoute : « Cela faisait déjà trois ou quatre mois que je faisais de la musculation pour un autre projet quand j'ai appris que j'allais tourner « The Wrestler ». Mais il m'a fallu prendre près de 20 kg pour le rôle et j'ai essayé de faire ça bien, en y allant doucement. J'ai absorbé beaucoup de protéines et de fer, et j'ai soulevé des poids plus lourds que ceux que je soulève d'ordinaire. J'avais un entraîneur israélien formidable, lui-même lutteur professionnel. Il m'a astreint à une véritable discipline : il me réveillait à 7 heures du matin tous les jours, et moi je me planquais sous les draps ! J'ai bossé très dur et j'ai fait de la musculation quotidiennement, y compris pendant le tournage au rythme d'une heure par jour. » Et le résultat est à la hauteur de ses efforts.

Tourné caméra à l’épaule, « The Wrestler » est une véritable plongée dans l’univers de Randy « The Ram ». Plus qu’un film, il nous fait découvrir la réalité de la vie de ces catcheurs, sous les feux des projecteurs, mais aussi en coulisses. Trop souvent tournés en ridicule, ils mènent une drôle de vie : sacrifices de tout ordre, coups au corps et à l’âme, solitude, misère,… « On s'est penché sur les matchs de catch qui se déroulent dans des salles de seconde zone, dans le New Jersey et dans le reste des États-Unis (...) Beaucoup de vétérans de ce sport s'y produisent et c'est comme ça que j'ai eu l'idée de m'attacher à un ex-champion de catch sur le retour (...) plus je me documentais sur ce milieu, plus je me rendais compte qu'il y a beaucoup de tristesse et d'amertume chez les catcheurs (...) Ils n'ont pas de syndicat, pas de retraite et pas de couverture sociale. On rencontre des tas de catcheurs qui faisaient salle comble au Madison Square Garden il y a une dizaine d'années et qui, aujourd'hui, sont au bout du rouleau. Le taux de mortalité chez les catcheurs est tout simplement hallucinant. » avoue Darren Aronofsky. On est bien loin des paillettes et de la liesse autour du ring qui caractérisent ce sport tout droit venu des Etats-Unis. Ces hommes sont de véritables sportifs qui assurent le show avant tout. Et ça se prépare. On les découvre « chorégraphes » de leur combat quand, avant de monter sur le ring, ils définissent ensemble la trame des coups et des prises qu’ils vont utiliser. Ils échangent, se connaissent, s’apprécient, se soutiennent. Mais sur le ring, même si le catch est une forme de combat chorégraphié, on prend des coups, on saigne, on sue… pour de vrai. Pour rendre ce réalisme, le réalisateur confie qu’ils ont «privilégié les décors naturels et travaillé avec de vrais fans et de vrais catcheurs (...) D'ailleurs, tous les catcheurs qu'affronte Mickey sont des professionnels. On n'a fait appel à aucun cascadeur. » Et nous, on prend une vraie claque en voyant tout ça sur grand écran ! Tourné en 35 jours seulement, le « Wrestler » de Darren Aronofsky rend ces « bêtes de scène » un peu plus humaines, plus proches de nous (ils auront toujours plus de muscles que nous, c’est sûr).

 
On en viendrait presque à vénérer Hulk Hogan, The Rock (vu récemment au cinéma dans « Maxi Papa » et « Max la menace »), Batista, John Céna, Jeff Hardy, et autres stars des rings… mais on se ressaisit. Notre côté « filles » essaye de reprendre le contrôle… Allez, quelques DVD de « Sex and the city » et on aura retrouvé nos esprits. Promis, même si on était bien au pays de Mickey !     

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