Publié par MariKo

Souvenez-vous… Il y a quelques temps, nous vous parlions de notre folle journée en Reebok Easytone. Car sport, culture et mode ne sont pas des domaines si éloignés, la marque Reebok en association avec le musée des arts décoratifs a organisé une journée spéciale Reeblog où trois blogueurs, les nouvelles Easytone aux pieds, ont assisté au vernissage de l’exposition « Les années 1990-2000 : histoire idéale de la mode contemporaine – 2ème volet ». Cette exposition à ne pas rater se poursuit jusqu’au 8 mai 2011 au musée des Arts décoratifs…

 

Avant de rentrer dans le vif du sujet, à savoir le contenu de cette magnifique exposition, une petite présentation de mes confrères et amis blogueurs s’impose…

 

A ma droite, Sarah et son magazine Ghubar. Véritable passionnée de jolies choses, Sarah est notre spécialiste mode. Parler avec elle de mode devient une aventure palpitante. Aucune maison de couture n’a de secrets pour elle.

A ma gauche, Nicolas et son blog Art is alive. Lui aussi est passionné… d’art, de culture, de mode, de tout plein de choses.

Alors, imaginez ces deux personnalités lâchées dans l’exposition du musée des Arts décoratifs… C’est du sport !

 

L’exposition « Histoire idéale de la mode contemporaine» se poursuit avec le second volet consacré aux années 1990-2000.

Après les décennies de créations débridées d’une société festive et clinquante, les années 1990-2000, influencées par les événements sociopolitiques de l’époque, marquent un changement radical où l’intérêt des créateurs n’est plus le corps lui-même mais plutôt son identité. On assiste aussi à la professionnalisation du secteur et l’on parlera désormais d’industrie de la mode avec l’apparition des directeurs artistiques aux commandes d’anciennes maisons de couture devenues de véritables monopoles du luxe.

Cent cinquante modèles sélectionnés parmi les collections les plus emblématiques retranscrivent l’univers des créateurs qui ont contribué à ces mouvements de mode par leur démarche, leur recherche stylistique et par leur relation avec la profession ; mélange subtil et parfois violent d’artisanat et d’industrie. Répartis en plusieurs « écoles », belge, anglaise, urbaine et minimaliste, de la haute couture ou indépendante, chaque créateur dévoile sa passion et son savoir-faire. Qu’il ait cherché à rendre hommage à son prédécesseur ou qu’il ait intégré la position de chef de file d’un courant en devenir, le créateur s’affirme au travers de défilés à chaque saison plus travaillés.

 

Les années 1990 sont celles de la maturité, de la multiplicité des tendances et d’un marché organisé. Elles ont conduit à des expressions policées parfois, radicales surtout. Les collections d’Azzedine Alaïa en sont un exemple significatif. Rei Kawabuko chez Comme des Garçons, volontiers provocante, ne se lasse pas d’étonner avec des concepts inattendus comme sa collection « à bosse » du printemps-été 1997.

 

Comme des garçons - Prêt à porter printemps/été 1997

 

Jean Paul Gaultier est le créateur le plus suivi avec ses collections « Les rappieuses » en 1990 ou « Tatouages » qui font autorité. «L’homme moderne » en 1996-1997 et la collection haute couture de 1997 ouvrent des perspectives et pérennisent un style personnel unanimement reconnu.

 

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Jean-Paul Gauthier - Haute couture printemps/été 1997

 

Les collections de Yohji Yamamoto de 1992 à 1998 rendant un hommage appuyé à la couture française figurent parmi les plus belles du couturier. Le minimalisme précoce d’Helmut Lang et celui, plus tardif, de Jil Sander renforcent l’impression de simplicité qui est de mise de la part des créateurs sur le devant de la scène. La consécration des créateurs britanniques, John Galliano chez Dior, Alexander McQueen chez Givenchy puis en son nom propre, entretiennent, à l’opposé, le goût du faste et de la provocation dont la paternité revient à Vivienne Westwood.

 

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Vivienne Westwood - Prêt-à-porter automne/hiver 1995-1996

 

Martin Margiela chez Hermès ou Marc Jacobs chez Vuitton suggèrent plus qu’ils ne montrent alors que Prada ressuscite avec brio une mode aux accents volontiers paupéristes dont le succès s’accroît de saison en saison. Tom Ford, à la tête de la maison Gucci, se distingue par la singularité de sa personnalité d’homme d’affaires aux multiples talents donnant une autre idée de la création, dialoguant sans se heurter avec l’univers poétique d’Hussein Chalayan ou de Viktor&Rolf. Cette fin de décennie marie dans une joyeuse harmonie artisanat et industrie, logique commerciale et langage esthétique.

 

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Gucci par Tom Ford - Prêt-à-porter automne/hiver 1996

 

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Viktor & Rolf - Prêt-à-porter automne/hiver 2001-2002

 

Les années 2000 sont définitivement marquées par la gravité des événements qui les ont ponctuées. Attentats, catastrophes climatiques, crise financière ont jalonné les dix dernières années. L’euphorie du siècle naissant a été en partie occultée par les tragédies mondiales. La mode et son milieu se font plus discrets, en opposition aux décennies précédentes. Dans la ligne de Martin Margiela ou de Comme des Garçons, Nicolas Ghesquière, aux commandes de la maison Balenciaga, impose avec ténacité une vision moderniste et avant-gardiste travaillant les volumes afin de transformer littéralement le corps.

 

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Maison Martin Margiela - Prêt-à-porter printemps/été 2008

 

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Balenciaga par Nicolas Ghesquière - Prêt-à-porter printemps/été 2008

 

Sa philosophie est partagée par Junya Watanabe, dont chaque vêtement et chaque défilé s’apparentent à une performance, avec un souci du détail qui la caractérise. En réaction aux excès des années passées, cette décennie née dans la tourmente valorise les meilleurs, soucieux de préserver leur autonomie de pensée. Nicolas Ghesquière poursuit sa quête obsessionnelle, montrant des défilés où toutes les robes semblent faussement identiques. Rei Kawakubo suspend un vestiaire à un autre vestiaire. Junya Watanabe taille dans la toile de Jouy de formidables robes parachutes. Yohji Yamamoto assume parfaitement la sereine maturité de sa création alors que Christian Lacroix simplifie son propos dans une harmonie de couleurs et d’étoffes. Lorsque Martin Margiela propose un défilé dans le bout d’un rouleau coupé, on a le sentiment d’une période qui s’achève, d’une renaissance à venir. Un temps symbolisé par le talentueux Alexander McQueen, dont le défilé printemps-été 2004 devait laisser le public ébahi, ce renouveau désormais économe et contrôlé participe aux préoccupations de notre époque, la survie dans le respect de l’autre et de l’environnement dans un monde nécessairement moins égoïste.

 

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Alexander McQueen - Prêt-à-porter printemps/été 2004

 

 

Petit bonus : ne ratez pas les baskets de luxe exposées, notamment les Easytone Armani. Elles sont belles, belles, belles...

 

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Reebok Pump Chanel (1997)

 

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Reebok Insta Pump Fury (1994)

 

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Reebok Pump Colette

 

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Reebok Reedown Basquiat Femme (2010)

 

SDC13136Reebok Easytone Armani (2010)

 

 

Et retrouvez toutes ces photos et bien plus encore dans le livre de l'exposition:

 

livre


 

Informations pratiques

Site officiel du Musée

107, rue de Rivoli – 75001 Paris

Téléphone : 01 44 55 57 50

Métro : Palais-Royal, Pyramides, Tuileries

Ouverts du mardi au dimanche de 11 h à 18 h

Nocturne le jeudi jusqu’à 21 h

Collections permanentes et expositions temporaires :

- Entrée plein tarif : 9 €

- Entrée tarif réduit : 7,50 €

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