Publié par MariKo

Parler de cinéma sur un blog de sport(s), c’est très étrange, n’est-ce pas ? Et le faire deux fois de suite, ça l’est encore plus. Rappelez-vous, il y a quelques jours, nous vous parlions des aventures de haut vol de Aron Ralston, cet alpiniste dont l’histoire a inspiré le non moins inspiré Danny Boyle pour son film « 127 heures ». Mais après avoir vu le génialissime « Black swan » de Darren Aronofsky, il était impossible de ne pas vous parler de ce film… et bien plus encore !

 

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En effet, sorti sur les écrans français le 9 février 2011, « Black swan » est un peu le « Million dollar baby » de la danse, mais pas que. Car plus qu’un film sur le destin d’une sportive, en l’occurrence une danseuse classique, ce petit chef d’œuvre nous plonge dans le quotidien du prestigieux New York City Ballet où évolue la jeune Nina. Après l’éviction de la star du ballet (trop vieille ?), c’est elle qui est choisie parmi toutes les prétendantes pour interpréter le rôle titre du fameux ballet « Le lac des cygnes ». Le hic ? Le rôle nécessite de pouvoir jouer le cygne blanc pur mais aussi son double, le cygne noir, bien plus maléfique et tortueux… Un véritable challenge que devra relever la douce Nina, mais à quel prix ?

 

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Le réalisateur nous emmène dans une course vers la folie, la torture mentale et la noirceur où douleurs physique (et oui, ça danse dur tout au long du film) et psychologique se mêlent pour mieux nous révéler le « Black swan » caché en Nina…

 

Une Nina majestueusement interprétée par Natalie Portman. Ce rôle lui a d’ailleurs valu d’être récompensée aux Golden Globes et d’être pressentie pour les Oscars (mais c’est une autre histoire…). Quoiqu’il en soit, la plus belle récompense pour l’actrice sera certainement d’avoir su se plonger à corps perdu dans ce rôle de danseuse aux multiples facettes… et au talent sur scène !

 

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Car il faut bien l’avouer, Natalie Portman se débrouille bien en tutu et chaussons. Si Nina est à la recherche de la perfection, Natalie l’a presque atteinte en étant crédible en danseuse (elle a tourné 90% de ses scènes de danse quand même). Chapeau bas !

 

Tout ceci nous rappelle étrangement un autre film « The Wrestler » (dont nous vous parlions déjà ici) et qui a été réalisé par… Darren Aronofsky ! Serait-ce un réalisateur de génie qui parvient à extraire le meilleur de ses acteurs ou bien un pur hasard ?

 

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En tout cas, il nous embarque à chaque fois dans des univers atypiques (le catch et la danse classique, si loin, si proches ?) où il maltraite son héros ou son héroïne pour mieux nous impliquer. Oui, avec lui, le spectateur ne le reste pas longtemps. On devient vite pris au jeu. Préparez-vous donc à souffrir avec Nina, à vous donner comme elle et vivre la délivrance finale ?   

 

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Après cette petite claque, nous avons rencontré Karine Fourré, ancienne danseuse classique de son état, pour savoir comment c’est, en vrai, la vie au sein d’un ballet…

 

Peux-tu nous décrire le quotidien d'une danseuse classique ?

De manière générale, la journée commence par un cours d'1h30 en fin de matinée, petite pause et enchainement avec la répétition du ballet en préparation. Soit il y a représentation le soir, alors la répétition se termine vers 17h et on reprend vers 18h30 pour se préparer et se chauffer avant la représentation. Soit il n'y a pas représentation et dans ce cas, la répétition peut aller jusqu'à 19h. Comme tout le monde ne répète pas forcément en même temps, les pauses s'intercalent au cours de la journée.

 

Comment devient-on danseuse de ballet ?

Beaucoup de petites filles rêvent de devenir danseuses classiques, très peu y arriveront car soit elles n'ont pas de prédispositions naturelles à la pratique de la danse classique, soit la dure réalité de l'entrainement les décourageront !  Il n'existe pas de généralité pour devenir danseuse : cela peut être par passion, par hasard, par transmission. Je n'ai personne dans ma famille qui ait pratiqué la danse classique à un haut niveau avant moi. Comme beaucoup de petites filles, j'ai commencé la danse jeune, à 7 ans. Puis j'ai arrêté. Vers l'âge de 10 ans j'ai assisté par hasard à un cours. Cela a été une véritable révélation pour moi : j'ai compris ce jour là que je voulais être danseuse.
 
Quand on devient danseuse, quel est le but ultime ?
Quand on devient danseuse, le but est de danser le maximum déjà, car c'est pour cela que l'on a choisi ce métier. Ensuite, il est vrai qu'interpréter des rôles est certainement le désir de tous les danseurs, mais pas à la portée de tous!

 

Est-ce que, comme c’est le cas pour les sportifs en général, la carrière d’une danseuse est courte ?
La carrière d'une danseuse se termine officiellement à 42 ans. Cependant, certaines ont les capacités physiques de danser plus longtemps, d'autres s'arrêteront bien plus tôt.
 

 

Comment gère-t-on les différentes pressions physiques et psychologiques qu'implique ce métier ?
On les gère comme on peut et en fonction de sa propre histoire. Là encore, si l'on est bien entouré et si l'on a un bon mental, on s'en sort un peu mieux que les autres.

 

Dans le film, le maître de ballet (NDLR : joué par Vincent Cassel, toujours dans les bons coups celui-là) a des relations ambigües avec ses danseuses. Est-ce possible dans la vraie vie ?
Il y a une relation toute particulière au maître de ballet. C'est une relation de maître à élève (qui se perpétue tout au long de la vie du danseur) et comme tout professeur, il possède un véritable ascendant psychologique. Il peut parfois déraper, aller trop loin soit dans les propos, les gestes, soit dans les exigences artistiques. En fonction du caractère psychologique du danseur, cela peut avoir des effets assez néfastes sur son moral et son équilibre psychique. Heureusement, cela fait partie des dérapages, qui existent certes, mais restent des exceptions.

 

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Quel est ton meilleur souvenir et le pire souvenir de ta carrière ?
Mon pire souvenir de carrière est certainement le jour où je me suis blessée le genou et que le premier médecin consulté a voulu stopper net ma carrière! Heureusement, un deuxième diagnostic a sauvé mes espérances! Je n'ai pas un seul meilleur souvenir. Ce métier est fait d'une succession de rencontres, de moments qui sont uniques, magnifiques et intenses.
 
Quelle serait ton idole chez les danseuses ? Et pourquoi ?
Parmi la génération actuelle, j'admire assez Marie Agnès Gillot, danseuse étoile à l'Opéra de Paris. C'est une danseuse empreinte d'une forte personnalité, qui peut danser des styles très différents et que je trouve souveraine sur scène.

Quelles sont les qualités principales pour devenir danseuse ?
Tout d'abord des qualités physiques indéniables : une ouverture naturelle des hanches, souplesse des articulations et du dos, un pied creux. Ensuite un bon mental, aimer se surpasser, la discipline et la vie en groupe.

 

Alors, prêtes et prêts à entrer en scène ? Oubliez tous vos préjugés et autres idées reçues, avec le « Black swan » ici présent vous ne pourrait pas dire que ce film ne casse pas quatre pattes à un canard… mais vous aurez envie d’écouter en boucle « Le lac des cygnes » de Tchaikovski. Comme nous ! 

 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

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