Publié par MariKo

Quand on est petits, nous faisons l’expérience du goût, des sons et des odeurs. Nous apprenons à nous déplacer en rampant, en marchant, puis en courant. Ensuite, nous nageons, nous pédalons… Bref, chaque jour est un apprentissage. Mais quand on est adultes, c’est la même chose. On peut apprendre à parler une langue étrangère, à dessiner, à danser le tango ou la valse (c’est classe, la valse !), à pratiquer un sport… Car, il faut bien l’avouer, le sport est un domaine d’apprentissage intarissable. En effet, personne ne peut se vanter d’avoir pratiqué toutes les disciplines du monde. Pas moi, en tout cas. A mon (humble) palmarès : tennis, danse (définitivement pas pour moi…), badminton, vélo (sans moteur), escrime, course à pieds… Et comme ma soif d’apprendre me chatouillait sérieusement depuis quelques temps, bonne nouvelle, j’ai rajouté un nouveau sport à ce tableau de chasse. Et pas n’importe lequel… Le Krav-Maga !

 

 

Avant de fouler mon nouveau terrain de jeu (avec vous, bande de veinards !), une petite précision s’impose. Le Krav-maga n’est pas violent. Etonnant ? Pas tant que ça. Car même si cette discipline est une technique de self-défense importée d’Israël et utilisée par des unités d’élite, l’armée, le FBI et autre GIGN (dit comme ça, ça peut faire peur), il n’en reste pas moins qu’elle est efficace et accessible à tous, si elle est bien enseignée. Finalement, c’est comme pour tout. Un bon professeur saura vous faire aimer une discipline (même les maths !) s’il sait transmettre son savoir et ses valeurs. Et c’est le cas de Sébastien Vicentini, mon professeur d’un jour. Avec lui, pas de violence inutile et surtout pas de volonté de faire mal à tout prix.

 

A droite : Sébastien en action

 

Le krav-maga comporte deux parties : la self-défense (qui en est la charpente et qui renferme des techniques variées pour se défendre, éviter les blessures et venir à bout d’un assaillant) et le combat au corps à corps (qui constitue une phase plus avancée). Vous l’aurez compris, le krav-maga répond en fait à une situation de légitime défense et n’est pas utilisé pour attaquer. Lors de ses cours, Sébastien enseigne donc des techniques pour se défendre (et là, ça peut quand même faire mal à un potentiel agresseur…). Cependant, il est bien loin de « ces charlatans qui prônent la violence. Ce sont des personnes qui ne connaissent pas le krav-maga ».

 

 

Heureusement, Sébastien a été à bonne école. Celle de Richard Douïeb, représentant de la Fédération Européenne de Krav-Maga (F.E.K.M). L’objectif de cette fédération, initiée par Imi Lichtenfeld (grand « maître » de la discipline et lui-même non violent) est de préserver intacts les principes du krav-maga. Un krav-maga simple et efficace. Chaque adhérent doit souscrire au Code moral de la F.E.K.M : faire preuve notamment d’honnêteté, de non-agressivité, d’humilité et de respect. S’il a créé cette fédération en 1997, c’est 10 ans plus tôt que Richard Douïeb ouvrit la première école en France et en Europe. Selon Sébastien, « c’est le développement de la violence dans notre société » qui a fait émerger le krav-maga. « Le krav-maga répond à cette violence en termes de self-défense. De plus en plus de gens se tournent vers cette discipline pour apprendre à se défendre et se rassurer psychologiquement ». Alors, au fil de l’apprentissage, rien n’est laissé au hasard : un entraînement structuré et un encadrement de pro… Je vous raconte ma séance de krav-maga ?

Rendez-vous au dojo lundi soir. Pieds nus, pantalon de jogging et tee-shirt sont mes seuls compagnons (je n’ai même pas mis de vernis sur mes ongles de pieds… ahem !). J’ai froid aux pieds. J’avoue que j’appréhende un peu ma première confrontation avec cette discipline. La faute à qui ? Aux préjugés, mais surtout à Internet ! C’est fou le nombre de vidéos que l’on trouve quand on tape « krav-maga » sur Google. Des vidéos qui font froid dans le dos. Des vidéos qui font se prendre les jambes à son cou. Des vidéos qui feraient fuir la plus vaillante des filles… Mais pas moi. Alors, même si je sais que je n’aurais pas dû regarder toutes ces vidéos (des images me reviennent en tête, est-ce normal ?), je suis quand même au rendez-vous. De mon plein gré (quelle est belle ma conscience professionnelle) ! Prête à me frotter au krav-maga. Moi qui ai presque pleuré en découvrant le G.I.G.N, en décembre 1994, lors de la prise d’otages de l’airbus A300, j’étais donc à deux doigts de découvrir une des disciplines que pratiquaient les membres de ce groupe ultra entraîné. Ça en jette...

Mais place aux choses sérieuses. Sébastien nous invite tous à le rejoindre sur le tatami. Des garçons. Quelques filles. Certains ont une ceinture de couleur autour de la taille. Je ne m’y attaquerai pas. Comme au judo, ces ceintures indiquent le niveau du pratiquant (blanc, jaune, orange, vert, bleu, marron et noir). « Les pratiquants viennent de tous les horizons : cadres, ouvriers, des femmes qui ont été victimes d’agression,… Ils viennent pour faire du sport et apprendre à se défendre » me confie Sébastien. « On n’a pas besoin d’être sportif pour pratiquer le krav-maga. En réalité, le krav-maga n’est pas un sport car il n’y a pas de compétition, pas de règles, ni de règlement. » Mais je peux en témoigner, ça fait quand même travailler les muscles… surtout avec l’échauffement !

 

Début de l'échauffement

 

Le but d’un échauffement, comme son nom l’indique, est de chauffer les muscles avant de pratiquer une activité physique. Et au krav-maga, pas question d’y échapper. Sauf que leur échauffement est une activité physique en soi ! Après un salut collectif, on trottine sur place. Jusque-là, tout va bien. Ensuite, on donne des coups de pieds sur le côté (dans le vide pour l’instant). Jusque-là, tout va (toujours) bien. Ensuite, on échauffe les épaules, le haut du corps. Jusque-là, ça va encore. Après, les exercices s’intensifient.

 

 

On trottine toujours sur place mais au signal de Sébastien, on doit soit s’asseoir et se relever sans les mains, soit faire des abdos (une centaine…  quelle broutille… ou pas !) ou des sauts en l’air ou encore des pompes sur les coudes (j’ai sauté cet exercice. Oups…). Et là, ça va tout de suite beaucoup moins bien.

 

 

Pour le coup, après cette série, mes muscles sont bien chauds. Je n’ai plus froid aux pieds.

Après ces quelques minutes intenses, Sébastien nous montre une parade. Le but étant toujours de se défendre, l’exercice consiste donc à se sortir d’une situation difficile. Le premier exercice met en scène un agresseur qui pousse sa victime à hauteur des épaules. Boum ! Parade et coup de pieds bien placé… et surtout bien orienté. En effet, quand on doit taper son adversaire avec le pied au niveau de ses parties intimes, il ne faudra pas faire comme avec un ballon de football. On utilise le bol du pied (« la partie dure située sous les orteils » me précise Sébastien)… Place à la pratique. Pour l’occasion, je rencontre Charlotte, 19 ans, qui vient, elle aussi, pour la première fois. Nous serons camarades d’entraînement. Je serai son souffre-douleur. Et elle sera le mien. Pourquoi s’est-elle inscrite ? « Je me suis faite agressée dans le bus. Un type m’a donné un coup de poing. Comme ça. Sans raisons. Et personne n’a réagi. »

 

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Deux débutantes en grande conversation...

 

et avec l'aide de Sébastien, c'est mieux !

 

Dans l’assemblée, il y a d’autres filles. « Plus le krav-maga tendra à se faire connaître, plus les femmes s’apercevront que c’est un art martial fait pour elles car on n’a pas forcément besoin de force » précise Sébastien. Et c’est plutôt vrai. Mais pour être vraiment efficace, il faut apprendre les techniques, maîtriser les gestes et avoir les bons réflexes. Retour aux exercices : on apprend à neutraliser son agresseur en le mettant au sol (coup de pieds et contrôle). On trouve une solution pour se défaire de deux agresseurs  potentiels (coups de pieds en équilibre et fuite). Puis de trois. Bref, la palette des techniques est infinie. Il existe même une technique pour se défaire d’un adversaire qui vous tient par le poignet. Et ça fonctionne ! On apprend aussi comment frapper son agresseur (avec la main ouverte et pas le poing pour ne pas se casser la main). Pour finir la séance, on enfile protège-tibias, protège-dents, gants de boxe et c’est parti pour un petit combat en un-contre-un. On va au contact. Car le krav-maga, en hébreu, signifie « combat rapproché ». Tout est dit.    

Après cette séance d’essai, j’ai découvert une discipline de combat et j’en suis sortie sans bleus, ni nez cassé. J’ai encore toutes mes dents. Je peux donc sourire pour montrer ma joie. C’est d’ailleurs le sentiment que l’on ressent en sortant d’une séance d’entraînement de krav-maga. De la joie et un certain bien-être. On repart avec une pêche d’enfer et une certaine assurance aussi. Et tant mieux car, comme le souligne Sébastien, « c’est celui qui est très craintif qui s’attire le plus les problèmes ». Alors, pendant une heure, on se défoule en apprenant des techniques pour se défendre et ça fait du bien. Au corps. Et à l’esprit aussi. 

Pour plus d’informations, quelques sites à découvrir :
- Le site officiel de la Fédération Européenne de Krav-Maga : F.E.K.M (clic).
Si l’envie de pratiquer cette discipline vous tente, vous y trouverez tous les clubs affiliés.
- Sébastien Vicentini enseigne à l’école d’Auto-Défense et Arts Martiaux (A.D.A.M) de Bordeaux. Son site est très documenté et vous permettra d’en savoir encore plus sur le krav-maga : c’est par ici.
 
Un grand merci à Sébastien pour son accueil. Sa passion pour le krav-maga est communicative. 
Merci aussi à mes camarades de jeu pour cette séance d’entraînement ! A bientôt sur les tatamis…


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Claire CHARTIER GRIMAUD 27/07/2013 12:32

Bonjour; J'ai bien aimé ce commentaire, il est vivant,concret,et donne envie d'aller voir...(j'ai déjà eu un aperçu et une discussion au quai des sports;)
C'est sérieux ,rassurant et précis quant à la pratique sur le terrain.
Vaincre sa peur,se donner les capacités d'affronter l'extérieur sans appréhension,esquiver les risques,mais pouvoir assumer une situation difficile,c'est ce que je recherche.
Je suis convaincue.

MariKo 30/07/2013 16:52



Merci Claire pour ce commentaire ;) Convaincue aussi ! A bientôt sur le blog ou pour une séance de Krav Maga ? ;)