Publié par MariKo

Un petit tour par ici pour partager avec vous le billet du mercredi 23 février diffusé sur Gold FM Bordeaux...

 

Bonne écoute et bonne lecture !

 

 

Lucas, chers auditeurs et amis déménageurs, bonjour !

Oui, je sais, c’est une drôle d’entrée en matière pour un billet sur le sport. Je suis d’accord qu’un bonjour aux supporters des Girondins aurait été plus approprié, mais après tout, les déménageurs sont un peu des sportifs au quotidien. Alors oui, je sais aussi que ce ne sont pas les seuls. Je pense notamment aux facteurs à bicyclette qui pédalent à longueur de journée, aux éboueurs qui soulèvent deux fois plus de poubelles depuis l’arrivée du tri sélectif ou encore aux projectionnistes des salles de cinéma qui portent des copies à bout de bras. Je pense à eux et aux autres, mais si j’ai parlé des déménageurs, ce n’est pas pour rien.

En effet, cette semaine, j’étais sur le point de préparer un grand événement… Le genre d’événement proche de la petite révolution… Et c’est là que tout prend son sens puisqu’il s’agit du déménagement de Roland Garros. Et oui, depuis quelques temps déjà, une rumeur ou plutôt un projet de déménagement circulait dans les couloirs du célèbre tournoi de tennis. Alors, à l’annonce de ce projet, ni une, ni deux, j’ai enfilé ma salopette, chaussé mes baskets et commencé à faire des étirements pour ne pas me froisser un muscle lors d’un porté de cartons. Accident bête par excellence. Vous le voyez donc, je m’étais bien préparée. ­­­Oui, je me voyais déjà, non pas en haut de l’affiche, mais plutôt en train de porter des cartons remplis de balles de tennis. Mais j’ai été arrêtée en pleine course car la nouvelle est tombée : Roland Garros ne déménagera pas. La Fédération Française de Tennis a finalement tranché et le célèbre tournoi restera donc Porte d’Auteuil où il a pris ses quartiers depuis 1920. Alors, bonne ou mauvaise solution, les avis sont partagés et quelques petites explications s’imposent pour comprendre tout ça.

Tout a commencé comme un match de tennis où les pros « délocalisation » affrontaient les antis. Du côté des pros « délocalisation », on ne comptait pas moins de trois projets : Gonesse et ses 55 courts, Versailles et son budget entre 500 et 800 millions d’euros et Marne la Vallée avec ses 35 hectares et un voisin de choix : Mickey. Très rapidement, les deux premiers projets ont été écartés. La finale allait donc se jouer entre l’équipe de Mickey et celle des fameux Mousquetaires. Il faut bien avouer que la proposition de notre souris préférée était plus qu’alléchante. Sur les 35 hectares disponibles, le projet prévoyait 55 courts dont 3 centraux de 18 000, 8 000 et 12 000 places avec pour ce dernier un toit rétractable. Rien à voir avec les 8 hectares et ½ de l’actuel site qui est d’ailleurs le plus petit tournoi du Grand Chelem question superficie. D’ailleurs, pour poursuivre la comparaison, deux tournois du Grand Chelem ont dû déménager pour les mêmes raisons. En 1978, c’est l’US Open qui part de Forest Hills pour rejoindre Flushing Meadows et en 1988, l’Open d’Australie a déménagé à Melbourne Park. Alors pourquoi choisir de rester à Paris malgré tout ? Peut-être pour la tradition. Parce que déplacer Roland Garros, ce serait un peu comme organiser le Grand Prix de Monte-Carlo à Saint Paul de Vence ou comme organiser le départ du Tour de France à l’étranger. Oui, je sais, pour le Tour de France, c’est déjà le cas, mais ça n’en reste pas moins contre nature. Le tournoi reste à Paris peut-être aussi parce que Marne la Vallée, c’est bien, mais c’est loin de la capitale (35 kms quand même). Mais peut-être surtout parce qu’un déménagement, on le sait tous, ça coûte beaucoup d’argent. Et dans le cas qui nous intéresse, la Fédération a évalué le coût à 600 millions d’euros. Tout de suite, ça calme.

Alors, voilà, les puristes sont rassurés. Les Mousquetaires ne se retourneront pas dans leur tombe. Roland Garros restera donc Roland Garros, mais avec un petit coup de jeune. Le site passera de 8 hectares et ½ à 13 hectares et ½ en s’étendant sur une partie du bois de Boulogne, du Fonds des Princes et des Serres d’Auteuil (et c’est ce qui fait polémique), le court Philippe Chatrier se verra doter d’un toit rétractable bien pratique en cas de pluie mais aussi pour organiser des matches de nuit. Et un nouveau court de 5 000 places viendra compléter ce beau tableau. Tout ceci pour 250 000 millions d’euros. Ces lourds travaux de modernisation devraient être bouclés pour 2016, je dis « devraient » car une polémique oppose déjà la Fédé à ses détracteurs, écolos et voisins notamment.  Quoiqu’il en soit, il faut faire quelque chose pour que le tournoi reste dans le coup et surtout  pour répondre aux attentes des spectateurs et des joueurs, Roger Federer en tête. Il paraît d’ailleurs que ce dernier ne s’est pas gêné pour se plaindre gentiment auprès du directeur général de la Fédération.

Vous comprenez donc mieux pourquoi j’ai eu une petite pensée pour nos amis déménageurs. Alors même s’il n’y aura pas de déménagement à proprement parler, c’est un gros chantier qui s’annonce. Ça risque d’être compliqué de dépoussiérer un site presque centenaire. Alors, avis à vous, messieurs de le Fédération, je garde ma salopette au chaud et si vous avez besoin d’un coup de main, faites moi signe.

 

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