Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 08:07

Il est de notoriété publique qu’une femme n’est pas partageuse. Une femme n’aime pas (trop) partager ses vêtements. Ni même ses accessoires (souvenez-vous la tête que vous avez faite quand vous vous êtes aperçue que Brigitte, votre collègue de bureau, avait EXACTEMENT le même sac que vous…). Il en va de même avec ses recettes de cuisine. Et oui, nous les femmes, nous ne sommes pas partageuses. Et s’il y a un domaine pour lequel une femme ne sera JAMAIS partageuse, c’est bien celui des hommes. Et pourtant, nous, à Femme2sport, nous avons décidé de vous faire partager un moment privilégié que nous avons passé, non pas avec un homme, mais deux sportifs de talent. Comme quoi, parfois, les femmes savent aussi être sympas entre elles.

 

Tout a commencé quand, par un agréable après-midi de mars (oui, c’est moins vendeur qu’une belle journée d’été, mais c’est mieux que rien), Martin Diaw et Miloud Doubal, basketteurs de profession, nous ont proposé d’aller boire un verre pour faire connaissance… Oui, ces messieurs sont de fidèles lecteurs de votre blog préféré et ils rêvaient d’être interviewés pour Femme2sport… Ou peut-être est-ce nous qui les avons harcelés pour décrocher une interview (« juste cinq minutes… »)… Quoiqu’il en soit, c’est autour d’un petit verre que nous avons retrouvé les deux joueurs des JSA Bordeaux Basket. Pour celles et ceux qui ne sauraient pas qui sont les JSA Bordeaux Basket, petit cours de rattrapage : il s’agit de l’équipe de basket de Bordeaux (ça semble logique, n’est-ce pas ?) qui évolue actuellement en N1. Plutôt bien placés au classement, les JSA ont en tête la montée en Pro B (l’équivalent de la Ligue 2 de football mais pour le basket. Vous suivez toujours ?). Et parmi ces joueurs prometteurs, il y a Martin Diaw et Miloud Doubal.

 

Les JSA au complet

 

On vous les présente ?

Ce qui frappe la première fois que l’on croise Martin, c’est son sourire ravageur, certes, mais surtout sa stature imposante. En effet, il affiche quelque 2 mètres au compteur. A 31 ans, il a déjà une belle carrière derrière lui. Originaire de la région, il a d’abord commencé par jouer au football car selon lui « à l’époque, c’était pas trop basket. Mais je viens d’une famille assez basket. Ma mère et mon frère notamment. J’ai d’ailleurs commencé le basket en même temps que mon frère, à l’époque de la Dream Team, la NBA et tout. » Et chacun a réussi à se faire une place. En effet, Boris, son frère, a fait son trou en NBA et en équipe de France. Quant à Martin, avant de revenir aux sources, il a évolué à Nancy, Epinal et Mirecourt. Il est même parti jouer 4 ans aux States. « C’est là-bas que j’ai appris l’anglais et que je suis devenu bilingue. » De ces expériences, il en garde de bons souvenirs « pour les gens et mes potes » notamment.

 

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Martin Diaw

 

Pour Miloud, l’histoire débute comme pour Martin. « J’ai commencé par le foot. Ma sœur faisait du basket. Ça me plaisait bien. A 10 ans, je me suis cassé le coude et j’ai dû arrêter le sport. Au moment de reprendre, j’ai choisi de m’orienter plutôt vers le basket. C’est donc un peu grâce à ma sœur. » Au nom de tous les supporters de beau basket, nous tenons à remercier la sœur de Miloud qui lui a mis le pied à l’étrier. Cela aurait été dommage de passer à côté de ce talentueux shooteur qui sait s’habiller avec goût (et ça ne gâche rien…). « J’ai commencé ma carrière en Espoirs, puis Pro à Antibes d’où je suis originaire. Ensuite j’ai bougé un peu. Je suis allé à Dijon, en Allemagne, à Aix-Maurienne. Je suis retourné à Antibes et puis j’ai signé pour 2 ans à Bordeaux. » Belle coïncidence de retrouver à Bordeaux ces deux joueurs qui se connaissaient déjà depuis quelques temps. « On s’est rencontrés via un ami commun quand je jouais à Antibes. Martin était venu avec son frère et des amis au Festival de Cannes. C’était il y a 5 ans. » Depuis ils évoluent tous les deux sous les couleurs des JSA. Que pensent-ils l’un de l’autre ? Miloud nous décrit Martin comme un joueur qui « s’investit, s’engage et peut être dur sur le terrain. Mais quand il est mal luné, son pire défaut est la paresse… » (Rires des deux intéressés). Pour Martin, prêt à « tacler » son coéquipier qui ne l’a pas épargné, « Miloud, c’est un bon joueur de basket. Il connaît bien le basket. C’est un shooter. Donc son rôle, c’est de shooter. Quant à ses défauts, il ne me fait pas trop de passes. Il ne veut pas me lâcher la balle (rires). Sinon, ça va (rires). » Autant vous dire qu’on ne s’ennuie pas avec ces deux là !

 

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Miloud Doubal

 

Et leur quotidien ?

Il ne faut pas croire que la vie de basketteur soit de tout repos. Laissons Miloud nous expliquer : « Le matin, on s’entraîne. Après, on rentre, on mange et on fait une petite sieste, avant de retourner s’entraîner. On n’a pas trop de temps libre finalement. A l’entraînement, chaque journée est spécifique. Par exemple, le lundi, on va plus travailler la défense. Le mardi, on va travailler sur les systèmes des adversaires. Chaque jour est différent. Tout le monde pense que jouer au basket, c’est facile, qu’on est en vacances et qu’on est payés pour jouer et s’amuser. Alors que c’est beaucoup de sacrifices quand même. On est loin de chez soi, de sa famille. A Bordeaux, on est bien tombés, mais parfois ce n’est pas le cas. C’est vrai qu’on ne parle pas assez des sacrifices que l’on doit faire pour le basket. On ne montre que les bons côtés. Mais malgré tout, on ne se plaint pas. On reste des privilégiés quand même. »

 

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Martin Diaw en action

 

Et quand on leur demande si ce n’est pas trop difficile de travailler qu’entre « mecs », ils sont tous les deux d’accord pour dire que « les mecs se prennent moins le bec que les filles » (et on approuve) et que « l’ambiance au sein de l’équipe est bon enfant. On se taquine, on se chambre. » A l’unisson, les deux garçons s’entendent aussi pour dire qu’ils ont « toujours eu la chance d’évoluer dans des bons groupes où tout le monde s’entendait bien, même quand les résultats étaient moins bons. Le basket, c’est notre travail et notre gagne pain, mais à la base c’est notre passion donc on est là pour prendre du plaisir. » Et aussi se faire une belle réserve de souvenirs… Le meilleur souvenir de Martin est lié aux States : « C’est ma dernière année à la fac aux Etats-Unis quand on est allés en final four à Charlotte. Bon, on a perdu bêtement, mais ça reste un super souvenir. Et puis, aux Etats-Unis, ils sont à fond dans l’engagement physique. Beaucoup plus qu’en France. » Du côté de Miloud, ses souvenirs le mènent aussi vers l’étranger : «J’ai fait les championnats du monde en 2002 avec l’équipe d’Algérie. Ça reste mon plus beau souvenir de basket. » Difficile de faire mieux, à part peut-être une montée en Pro B avec les JSA ?

 

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Miloud Doubal surprenant

 

Et hors des terrains, comment ça se passe ?

Même si Martin et Miloud n’ont pas beaucoup le temps de se reposer sur leurs lauriers, il n’en reste pas moins qu’il y a une vie en dehors du basket. Mais laquelle ? Si Martin est une bille en cuisine (hormis pour la cuisson des pâtes qu’il maîtrise à merveille : « Je fais des pâtes, du riz ou du couscous, mais la cuisine, je ne sais pas la faire. »), Miloud s’avère être un cuistot réputé (au moins aux JSA…). Il serait même prêt à sortir le grand jeu pour séduire une fille… « Je ferais un petit repas, des bougies, une bonne bouteille et un petit air de piano. Je m’y suis mis il n’y a pas longtemps… » Vous craquez ?

 

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Miloud hors des terrains. La classe.

 

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Martin, tout sourire, même le matin !

 

Mais dans tous les cas, « le basket, ça aide un peu avec les filles. Mais il y a beaucoup de filles qui sont intéressées. Et c’est ça le piège car on ne sait jamais si les gens sont sincères et viennent pour nous ou juste pour l’image du basketteur. Les sportifs en général, ça plaît. » De cette notoriété, ils ont décidé d’en faire un atout pour aider les autres. Miloud avoue que « cela nous prend un peu de temps, mais si ça peut faire plaisir, c’est bien ». Martin, lui, est engagé dans l’association Babac’ards. « Je ne suis pas impliqué autant que mon frère ou ma mère mais je participe à ma manière. L’été par exemple, je coache les enfants pendant les camps. » Il n’y a pas à dire, ils sont au top nos JSA. Et s’il vous fallait encore une preuve, en voici une. Quand on leur demande quel est leur dernier coup de cœur : « C’est pour la fille d’Ahmed [NDLR : un de leur coéquipier]. Elle est née il y a trois mois et elle est super mignonne » répondent-ils en chœur !

 

C’est déjà fini…

Alors, pour les remercier, nous n’avons qu’une envie, c’est leur offrir un billet pour rejoindre la destination de leur rêve… Mais ils restent raisonnables. Ce serait le Sénégal pour Martin qui a de la famille là-bas : « ça fait un petit moment que je n’y suis pas allé. » Miloud reste attaché à Antibes, cette ville chère à son cœur : « ça me manque. J’aimerais bien retourner à Antibes pour me ressourcer. Le climat est super. A 1h, on a les montagnes si on veut skier l’hiver. A 5 min, on a les plages. Il fait relativement chaud toute l’année, même l’hiver. Ce n’est pas l’Alaska. » Lui qui est proche des siens (il a des tatouages en hommage à ses parents, sa sœur et ses amis…) garde un lien très fort avec sa ville et surveille d’un œil les résultats de son ancien club.

 

Après cette rencontre hautement sportive, vous n’avez qu’une seule envie… les rencontrer ? Ne ratez pas les prochains rendez-vous à domicile à la salle Jean Dauguet, vous ne serez pas déçus… C’est promis ! Let’s go Bordeaux !

 

Toutes les infos sont sur le site Internet des JSA Bordeaux Basket.

 

Un grand merci à Julien, le célèbre chauffeur de mini-bus (!)… d’avoir organisé cette rencontre.

 

Photos: site JSA Bordeaux Basket et Mariko.

Par MariKo - Publié dans : Notre homme de coeur
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